Vendre

Vous recevez une offre d'achat à Nice : accepter, refuser ou contre-proposer ?

Septembre 2026 · 7 min de lecture

Trois semaines de visites, et l'offre arrive : par mail, sur un formulaire, avec un prix, un mode de financement et une date limite de réponse. C'est le moment le plus mal connu de la vente. Beaucoup de vendeurs croient qu'une offre n'engage personne ; d'autres croient qu'accepter une offre au prix les oblige à vendre à n'importe qui. La vérité est entre les deux, et elle se décide en quelques jours. Voici comment lire une offre, ce qu'on peut exiger, et comment répondre.

Ce qu'une offre écrite engage, et ce qu'elle n'engage pas

En droit, la vente est formée dès que vendeur et acquéreur sont d'accord sur la chose et sur le prix — c'est l'article 1583 du code civil — et une offre écrite acceptée par écrit crée cet accord. C'est pourquoi une offre ne se signe pas à la légère, ni d'un côté ni de l'autre. En pratique, c'est le compromis qui fixe tout ce que l'offre ne dit pas : les conditions suspensives, les diagnostics annexés, le calendrier, le dépôt de garantie, et il ouvre à l'acquéreur ses dix jours de rétractation. Un acquéreur qui renonce entre l'offre acceptée et le compromis est rarement poursuivi ; un vendeur qui se dédit après avoir accepté par écrit s'expose davantage, surtout si l'acquéreur a engagé des frais. La règle de prudence est simple : n'acceptez par écrit qu'une offre que vous êtes prêt à signer chez le notaire.

Ce qu'il faut lire avant le prix

Le financement
Comptant, ou à crédit ? Avec quel apport, quelle banque, quel accord de principe ? Une offre à crédit sans simulation ni attestation de la banque est une intention, pas une offre. Vous pouvez demander ces pièces avant de répondre ; un acquéreur sérieux les a déjà.
La condition de vente d'un autre bien
Si l'acquéreur doit vendre pour acheter, votre vente dépend de la sienne. C'est acceptable avec un prêt relais accordé, dangereux sans. La mention doit figurer dans l'offre ; si elle n'y est pas, demandez-la par écrit.
La date limite de réponse
L'offre est valable jusqu'à une date, en général cinq à dix jours ; passé ce délai, elle tombe d'elle-même. Vous n'êtes pas tenu de répondre avant, mais un silence prolongé fait partir l'acquéreur ailleurs.
Le calendrier souhaité
Date de compromis, date d'acte : un acquéreur pressé ou, à l'inverse, qui veut signer dans six mois, change la valeur réelle de l'offre. Comparez-le au calendrier légal : rétractation, préemption, prêt.
Ce qui est inclus
Cuisine équipée, cave, parking, meubles : une offre qui les mentionne évite la discussion au compromis, et une liste de mobilier chiffrée réduit les droits de mutation de l'acquéreur, ce qui aide à conclure.

L'offre au prix : faut-il l'accepter ?

Une offre au prix affiché, sans condition inhabituelle, est en principe acceptée — c'est le prix que vous avez fixé. Mais vous restez libre de choisir entre deux offres, et rien ne vous oblige à préférer la plus élevée : une offre légèrement inférieure d'un acquéreur au comptant, sans condition de vente, avec un calendrier court, vaut souvent plus qu'une offre au prix à crédit avec une condition de vente d'un autre bien. Ce qui n'est pas permis, c'est de refuser un acquéreur pour un motif discriminatoire ; ce qui est permis, c'est de choisir la solidité. Quand deux offres arrivent, notre pratique est d'en informer les deux acquéreurs et de leur demander leur meilleure proposition écrite à une date fixe : le vendeur décide ensuite, en connaissance de cause.

La contre-proposition : ce qu'elle fait à l'offre

Répondre « d'accord, mais à 385 000 € au lieu de 370 000 € » n'est pas une acceptation : c'est un refus de l'offre, et une offre nouvelle, de vous à l'acquéreur. Le code civil est clair sur ce point, à l'article 1118 : une acceptation qui modifie l'offre vaut refus. L'acquéreur n'est donc plus engagé par sa première proposition, et il peut accepter la vôtre, la refuser, ou partir. C'est un outil utile, à manier avec la mesure d'un marché : à Nice, l'écart entre le prix affiché et le prix signé se compte en quelques pour cent sur les biens correctement estimés ; une contre-proposition à mi-chemin ferme la plupart des négociations en un aller-retour.

Ce qu'aucun vendeur ne doit accepter à ce stade

Un versement. Aucune somme ne peut être demandée ni reçue au stade de l'offre d'achat : l'article 1589-1 du code civil frappe de nullité tout engagement unilatéral d'acheter accompagné d'un versement, et l'agence n'a pas le droit d'en encaisser un. Le dépôt de garantie — cinq à dix pour cent, en usage — se verse chez le notaire à la signature du compromis, pas avant. Un acquéreur qui propose un chèque « pour bloquer le bien » est mal conseillé ; une agence qui l'accepte est en faute.

Répondre, dans l'ordre

  • Vérifier le financement avant de discuter le prix : attestation ou simulation bancaire, apport, condition de vente d'un autre bien.
  • Comparer l'offre au prix des ventes réelles de la rue, pas au prix affiché : c'est là qu'est votre marge de décision.
  • Répondre par écrit, avant la date limite : accepter, refuser, ou contre-proposer un chiffre et un calendrier.
  • Ne rien encaisser, et ne rien laisser encaisser, avant le compromis.
  • Une fois l'accord trouvé, lancer le jour même le calendrier du compromis : diagnostics à jour, pièces de copropriété, notaire.

Questions fréquentes

Vous recevez une offre d'achat à Nice : accepter, refuser ou contre-proposer ?

Une offre d'achat acceptée engage-t-elle le vendeur ?

Oui, si elle est écrite et acceptée par écrit : la vente est juridiquement formée par l'accord sur la chose et sur le prix (code civil, article 1583). En pratique, le compromis vient ensuite fixer conditions suspensives, calendrier et dépôt de garantie, et donner à l'acquéreur ses dix jours de rétractation. Un vendeur qui se rétracte après avoir accepté par écrit s'expose à une demande de dommages et intérêts, voire à une vente forcée si l'acquéreur y tient. La règle : n'acceptez par écrit que ce que vous êtes prêt à signer chez le notaire.

Faut-il accepter une offre au prix affiché ?

En principe, oui : c'est le prix que vous avez fixé, et refuser une offre au prix sans motif expose à devoir des honoraires à l'agence selon les termes du mandat. Mais vous restez libre entre plusieurs offres, et libre de préférer la plus solide à la plus élevée : un acquéreur au comptant, sans condition de vente, avec un calendrier court, peut valoir plus qu'une offre au prix à crédit conditionnée. Seul le refus pour un motif discriminatoire est interdit.

Peut-on demander un dépôt ou un chèque avec l'offre d'achat ?

Non. L'article 1589-1 du code civil rend nul tout engagement unilatéral d'acheter accompagné d'un versement, quelle qu'en soit la forme, et l'agence ne peut rien encaisser à ce stade. Le dépôt de garantie, cinq à dix pour cent du prix en usage, se verse entre les mains du notaire à la signature du compromis. Un chèque « pour bloquer le bien » avant le compromis n'a aucune valeur, et l'accepter est une faute.

Que vaut une offre d'achat sans accord de prêt ?

Une intention. Un acquéreur qui achète à crédit doit pouvoir montrer une simulation ou une attestation de sa banque, un apport, et, s'il vend un autre bien, l'état de cette vente. Vous pouvez demander ces pièces avant de répondre. Une offre sans financement vérifié vous fait perdre les semaines de commercialisation qui comptent le plus si le prêt est refusé après le compromis : la condition suspensive protège l'acquéreur, pas le vendeur.

Combien de temps une offre d'achat est-elle valable ?

Jusqu'à la date limite qu'elle indique — cinq à dix jours en général. Passé ce délai, elle tombe d'elle-même et l'acquéreur n'est plus engagé. Une offre sans date reste valable un délai raisonnable, ce qui crée de l'incertitude : demandez-en une. Vous n'êtes pas tenu de répondre avant l'échéance, mais un acquéreur laissé sans réponse une semaine visite ailleurs.

Comment faire une contre-proposition ?

Par écrit, avec un prix, un calendrier et une date limite de réponse. Juridiquement, une contre-proposition est un refus de l'offre initiale et une offre nouvelle (code civil, article 1118) : l'acquéreur est libéré de sa première proposition et peut accepter la vôtre, la refuser ou partir. Appuyez votre chiffre sur les ventes réelles de la rue plutôt que sur le prix affiché ; à Nice, sur un bien bien estimé, l'écart se règle en un aller-retour.

Voir toutes nos questions fréquentes