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Peut-on vendre un appartement loué en meublé de tourisme à Nice ? Ce qui change pour le vendeur, et pour l'acheteur

Septembre 2026 · 8 min de lecture

Nice compte des milliers d'appartements loués à la nuit, et un nombre croissant de propriétaires qui veulent en sortir : la réglementation s'est durcie chaque année, la copropriété s'en mêle, et la fiscalité du meublé a changé. La question qu'ils nous posent est toujours la même : peut-on vendre, et à qui ? La réponse tient en trois points, et le premier surprend souvent — ce que vous vendez, ce n'est pas une activité, ce sont des murs.

Ce que vous vendez, et ce qui ne se transmet pas

À Nice, louer un logement en meublé de tourisme suppose une autorisation de changement d'usage délivrée par le maire, sauf pour sa résidence principale dans la limite de cent vingt jours par an. Cette autorisation est accordée à titre personnel : elle ne suit pas le logement, et elle ne se transmet pas à l'acquéreur (code de la construction et de l'habitation, article L631-7-1). Seule l'autorisation obtenue avec une compensation — la transformation d'un local non résidentiel en logement, ou l'achat d'un titre de compensation — est attachée au local et passe avec lui. Autrement dit, un acheteur qui voudrait continuer l'activité devra déposer sa propre demande, dans les conditions du moment : en 2026, la Métropole plafonne à 691 le nombre d'autorisations pour les quatre zones soumises à quota — Vieux-Nice, Riquier, Port et Mont Boron, centre-ville, ouest — avec un dépôt en ligne du 1er septembre au 31 décembre. Personne ne peut lui garantir qu'il l'obtiendra. C'est le premier point à dire honnêtement à un acquéreur investisseur, et c'est la raison pour laquelle un appartement de courte durée se vend d'abord comme un appartement.

Les trois conditions qui pèsent sur le prix

  • Le DPE. Un meublé de tourisme doit désormais afficher une étiquette énergétique entre A et E. Un appartement classé F ou G se vend, mais il ne se loue plus à la nuit : sa valeur pour un investisseur en courte durée chute, sa valeur pour un habitant reste celle du marché.
  • La copropriété. Le règlement peut interdire la location de courte durée, et tout copropriétaire qui la pratique doit en informer le syndic ; la Métropole exige d'ailleurs une attestation de respect du règlement dans la demande d'autorisation. Un acquéreur prudent lira le règlement et les derniers procès-verbaux avant d'acheter pour louer.
  • Les sanctions. Louer sans autorisation expose à une amende civile qui peut atteindre 50 000 euros par local, et une fausse déclaration à des poursuites pénales. Un vendeur qui a loué sans autorisation n'est pas empêché de vendre, mais il doit régulariser sa situation avant que le notaire ne pose la question — et il la posera.

Vendre pendant que les réservations tournent

Contrairement à un bail d'habitation, une location de courte durée n'ouvre aucun droit au maintien dans les lieux : vous vendez libre, sans congé à donner. Deux précautions pratiques. Les réservations déjà acceptées doivent être honorées ou annulées selon les conditions de la plateforme, et il est plus simple de fermer le calendrier à partir de la date prévisible du compromis que d'organiser des visites entre deux séjours. Et l'acte de vente suppose un logement vide de tout occupant le jour de la signature : un séjour en cours ce jour-là est un motif de report. Le numéro d'enregistrement de la location, lui, se clôture après la vente ; il ne se cède pas.

La plus-value : le meublé se calcule autrement depuis 2025

C'est le point qui surprend le plus les vendeurs qui louaient en loueur en meublé non professionnel. Jusqu'en 2024, les amortissements déduits des loyers n'étaient pas repris au moment de la vente. La loi de finances pour 2025 a changé la règle : pour les ventes depuis le 15 février 2025, les amortissements admis en déduction sont retranchés du prix d'acquisition retenu pour la plus-value, ce qui augmente d'autant la plus-value imposable — avant application des abattements pour durée de détention, qui restent ceux des particuliers. Certaines résidences avec services restent hors de cette règle. Le calcul se fait avec votre expert-comptable, sur vos liasses ; notre calculateur donne l'ordre de grandeur à partir du prix d'acquisition corrigé. Si l'appartement était votre résidence principale et que vous ne le louiez que partiellement, l'exonération de la résidence principale peut jouer sur tout ou partie.

À qui vendre, et à quel prix

Deux marchés existent pour le même appartement. Les investisseurs en courte durée paient le rendement passé, mais ils savent que l'autorisation ne suit pas et que le quota les attend : ils décotent le risque. Les habitants, primo-accédants ou acquéreurs d'un pied-à-terre, paient l'appartement pour ce qu'il est — son quartier, sa rue, son étage, sa vue — et ils sont beaucoup plus nombreux. Dans le Vieux-Nice, au Port ou dans le centre, où le quota est atteint depuis longtemps, c'est presque toujours vers ce second marché qu'un appartement de courte durée se vend le mieux. Le prix se fixe alors comme pour tout appartement, sur les ventes réellement enregistrées dans la rue, et non sur les revenus locatifs passés.

Concrètement, avant de mettre en vente à Nice

  • Vérifiez votre situation administrative : autorisation de changement d'usage, numéro d'enregistrement, déclaration en mairie. Régularisez ce qui doit l'être avant le mandat.
  • Faites établir le DPE : il conditionne le marché auquel vous vous adressez, et il doit exister avant toute annonce.
  • Demandez au syndic le règlement à jour et les derniers procès-verbaux : l'acquéreur les lira, autant les avoir.
  • Fermez le calendrier de réservations à partir de la date prévisible du compromis, et videz le logement pour l'acte.
  • Faites chiffrer la plus-value avec vos liasses LMNP avant de fixer le prix : depuis 2025, elle peut être plus élevée que vous ne le pensez.

Questions fréquentes

Peut-on vendre un appartement loué en meublé de tourisme à Nice ? Ce qui change pour le vendeur, et pour l'acheteur

Peut-on vendre un appartement loué en Airbnb ?

Oui, librement et sans préavis à donner : une location de courte durée n'ouvre aucun droit au maintien dans les lieux, à la différence d'un bail d'habitation. Vous vendez libre. Ce qui ne se vend pas, c'est l'activité : l'autorisation de changement d'usage délivrée par la Ville est personnelle et ne se transmet pas à l'acquéreur, sauf lorsqu'elle a été obtenue avec une compensation. Un acheteur qui voudrait continuer devra déposer sa propre demande, dans la limite du quota de sa zone.

L'autorisation de changement d'usage se transmet-elle à l'acheteur ?

Non, en règle générale. Le code de la construction et de l'habitation prévoit que l'autorisation de changement d'usage est accordée à titre personnel et cesse avec l'activité de son bénéficiaire. L'exception est l'autorisation subordonnée à une compensation — transformation d'un local non résidentiel en logement, ou titre de compensation acheté à un tiers — qui est attachée au local et le suit lors de la vente. À Nice, les autorisations temporaires délivrées sous quota sont personnelles : l'acquéreur repart de zéro, dans les conditions de l'année, avec 691 autorisations pour les quatre zones en 2026.

Faut-il arrêter les locations avant de vendre ?

Pas pour signer un mandat, mais pour vendre proprement. Les visites entre deux séjours sont possibles mais compliquées ; le compromis n'exige pas un logement vide, l'acte authentique si — un séjour en cours le jour de la signature reporte la vente. La pratique la plus simple est de fermer le calendrier de réservations à partir de la date prévisible du compromis, d'honorer ou d'annuler les réservations acceptées selon les conditions de la plateforme, puis de clôturer le numéro d'enregistrement après la vente.

Comment est calculée la plus-value sur un meublé de tourisme en LMNP ?

Comme une plus-value des particuliers, avec une différence depuis la loi de finances pour 2025 : pour les ventes réalisées depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits pendant la location sont retranchés du prix d'acquisition, ce qui augmente la plus-value imposable. Les abattements pour durée de détention s'appliquent ensuite, comme pour tout particulier — exonération d'impôt sur le revenu après vingt-deux ans, des prélèvements sociaux après trente. Le calcul exact se fait sur vos liasses avec votre expert-comptable ; à faire avant de fixer le prix, pas après.

Un DPE F ou G empêche-t-il de vendre un meublé de tourisme ?

Il n'empêche pas la vente, mais il empêche la location de courte durée : un meublé de tourisme doit désormais afficher une étiquette entre A et E. Un appartement classé F ou G se vend donc comme un logement, à des habitants ou à des investisseurs en location longue durée — avec, là aussi, les restrictions qui frappent les passoires thermiques à la location. Son prix se fixe sur les ventes réelles du quartier, et non sur les revenus de courte durée passés.

Faut-il prévenir la copropriété quand on vend un appartement loué en meublé de tourisme ?

Vous n'avez pas à prévenir la copropriété de la vente elle-même, au-delà des formalités habituelles — état daté, documents remis à l'acquéreur. Mais l'activité de courte durée, elle, la concerne : le règlement peut l'interdire, le copropriétaire qui la pratique doit en informer le syndic, et la Métropole demande une attestation de respect du règlement dans toute demande d'autorisation. Un acquéreur qui veut louer à la nuit lira le règlement et les derniers procès-verbaux ; autant les lui remettre dès l'offre.

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