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Peut-on vendre un bien reçu en donation ? Ce qu'il faut vérifier avant de mettre en vente à Nice

Septembre 2026 · 8 min de lecture

À Nice, une part importante des appartements mis en vente ont été reçus par donation : des parents qui ont transmis un bien à leurs enfants de leur vivant, parfois en gardant l'usufruit, parfois en y attachant une condition. Le jour où le donataire veut vendre, la première question n'est pas le prix : c'est ce que dit l'acte de donation. Dans la plupart des cas, la vente est libre. Dans certains, elle exige l'accord de quelqu'un — le donateur, un usufruitier, des frères et sœurs — et une vente signée sans cet accord peut être contestée. Voici les cinq points à relire, dans l'ordre où le notaire les regarde.

1. La clause d'inaliénabilité : l'interdiction de vendre, et comment elle se lève

Un donateur peut interdire au donataire de vendre le bien. La loi encadre cette clause strictement : elle n'est valable que si elle est temporaire et justifiée par un intérêt sérieux et légitime, par exemple garder le bien dans la famille tant que le donateur est en vie (code civil, article 900-1). Une interdiction perpétuelle ne tient pas. Si la clause est valable et toujours en cours, deux voies existent : le donateur lève lui-même l'interdiction par un acte notarié, ou le donataire demande au juge l'autorisation de vendre en démontrant que l'intérêt qui justifiait la clause a disparu ou qu'un intérêt plus important l'exige. Dans les deux cas, cela se règle avant la mise en vente, pas au compromis.

2. Le droit de retour : le bien peut revenir au donateur

Beaucoup d'actes de donation prévoient que le bien reviendra au donateur si le donataire décède avant lui, avec ou sans descendants (code civil, articles 951 et 952). Ce droit de retour ne bloque pas la vente en soi, mais il pèse sur elle : un acquéreur ne peut pas être exposé à voir le bien repris par le donateur. En pratique, le notaire demande au donateur de renoncer expressément à son droit de retour sur le bien vendu — le plus souvent en le reportant sur le prix de vente ou sur ce qui sera acheté avec. Sans cette renonciation, l'acquéreur, ou sa banque, peut refuser de signer.

3. L'usufruit réservé : vous ne pouvez vendre que ce que vous avez

C'est le cas le plus fréquent à Nice : les parents donnent la nue-propriété et gardent l'usufruit, c'est-à-dire le droit d'habiter ou de louer. Le donataire ne détient alors que la nue-propriété, et il ne peut vendre que cela — un marché étroit, à prix décoté. Vendre le bien entier suppose que l'usufruitier accepte de vendre avec lui. Le prix est alors partagé entre nue-propriété et usufruit selon l'âge de l'usufruitier, au barème de l'article 669 du code général des impôts, sauf accord différent des parties. Notre outil « Qui doit signer » fait ce partage. Une autre voie existe : l'usufruitier renonce à son usufruit avant la vente, ce qui a des conséquences fiscales à faire chiffrer par le notaire.

4. Les héritiers réservataires : la réduction, et comment la vente s'en protège

Les enfants du donateur ont droit à une part minimale de sa succession, la réserve héréditaire (code civil, articles 912 et 913). Une donation qui l'entame peut être réduite au décès du donateur, à la demande des héritiers lésés (article 921). Depuis la réforme de 2006, cette réduction se fait en valeur : le donataire doit une indemnité, il ne rend pas le bien (article 924). L'acquéreur n'est donc pas menacé dans son achat, sauf le cas très particulier où le donataire serait insolvable. Deux précautions rendent la vente incontestable : une donation-partage, qui fige les valeurs au jour de l'acte (article 1078), et, si la donation était simple, l'accord des frères et sœurs à la vente — ou leur renonciation anticipée à l'action en réduction, par acte notarié (article 929). Le notaire chargé de la vente vérifie ce point systématiquement.

5. La plus-value : la valeur de la donation devient votre prix d'achat

C'est le point que les vendeurs découvrent le plus souvent trop tard, et il joue en leur faveur. Pour un bien reçu à titre gratuit, le prix d'acquisition retenu pour la plus-value n'est pas ce que le donateur avait payé : c'est la valeur déclarée dans l'acte de donation, celle qui a servi au calcul des droits (code général des impôts, article 150 VB). Une donation récente à une valeur proche du prix de vente laisse donc peu de plus-value imposable. À cette valeur s'ajoutent, pour leur montant réel et sur justificatifs, les droits de donation payés et les frais de l'acte — un poste souvent oublié qui réduit encore la plus-value. La durée de détention, elle, court depuis la date de la donation, pas depuis l'achat par le donateur : l'abattement pour durée de détention (article 150 VC) commence après cinq ans de détention par le donataire, jusqu'à l'exonération d'impôt sur le revenu au bout de vingt-deux ans et des prélèvements sociaux au bout de trente. Et si le bien donné est devenu votre résidence principale, la vente est exonérée, comme toute résidence principale.

Notre calculateur de plus-value applique ces règles : indiquez la valeur de la donation comme prix d'acquisition, les droits et frais payés, et la date de l'acte comme date d'acquisition. Il donne l'impôt dû, ou son absence.

Ce que ça change, concrètement, quand on vend à Nice

  • Sortez l'acte de donation avant tout : c'est lui, pas le titre de propriété d'origine, que le notaire lira. Les clauses se trouvent en général sous les mots « conditions de la donation », « retour conventionnel », « inaliénabilité », « réserve d'usufruit ».
  • Si le donateur est vivant, parlez-lui avant de signer un mandat : sa renonciation au droit de retour ou à l'usufruit, ou la levée d'une interdiction, sont des actes notariés qui prennent quelques semaines.
  • Si vous êtes plusieurs donataires, la vente exige l'accord de tous ; à défaut, la règle des deux tiers de l'indivision peut s'appliquer — notre outil « Qui doit signer » vous dit si elle est ouverte.
  • Gardez les justificatifs des droits de donation et des frais d'acte : ils viennent réduire la plus-value, et personne ne les réclamera à votre place.
  • Une donation récente se vend souvent sans plus-value imposable ; une donation ancienne d'un bien que vous n'occupez pas peut en produire une — faites le calcul avant de fixer le prix, pas après.

Questions fréquentes

Peut-on vendre un bien reçu en donation ? Ce qu'il faut vérifier avant de mettre en vente à Nice

Peut-on vendre un bien reçu en donation ?

Oui, en principe librement : le donataire est propriétaire, et il peut vendre sans avoir à justifier de rien. Les exceptions viennent de l'acte de donation lui-même — une clause d'inaliénabilité encore en cours, un droit de retour conventionnel au profit du donateur, une réserve d'usufruit — et, plus rarement, de la situation familiale, si la donation dépasse la part dont le donateur pouvait disposer librement. Dans ces cas, la vente reste possible, mais elle exige l'accord ou la renonciation d'une personne précise, par acte notarié, avant le compromis.

Faut-il l'accord du donateur pour vendre un bien qu'il m'a donné ?

Pas en principe. La donation transfère la propriété, et le donateur n'a plus son mot à dire sur la vente — sauf s'il s'est réservé quelque chose dans l'acte. S'il a gardé l'usufruit, il faut son accord pour vendre le bien entier. S'il a stipulé un droit de retour, le notaire lui demandera d'y renoncer sur le bien vendu. S'il a imposé une interdiction de vendre, c'est lui qui peut la lever. Et si le donateur est décédé, ces clauses s'éteignent en général avec lui — le droit de retour, notamment, ne peut plus jouer.

Combien de temps faut-il attendre pour vendre un bien reçu en donation ?

Aucun délai légal n'impose d'attendre, en dehors d'une clause d'inaliénabilité temporaire prévue dans l'acte. Le seul délai qui compte est fiscal : la plus-value se calcule sur la valeur retenue dans la donation, et l'abattement pour durée de détention court à partir de la date de la donation. Vendre peu après une donation évaluée au prix du marché produit donc peu ou pas de plus-value imposable ; vendre longtemps après une donation sous-évaluée peut en produire davantage, tempérée par l'abattement. Le calcul se fait avant de fixer le prix.

Comment se calcule la plus-value sur un bien reçu par donation ?

Prix de vente moins prix d'acquisition, où le prix d'acquisition est la valeur déclarée dans l'acte de donation, celle qui a servi au calcul des droits (article 150 VB du code général des impôts). On y ajoute, pour leur montant réel et sur justificatifs, les droits de donation effectivement payés et les frais d'acte. Puis l'abattement pour durée de détention s'applique à partir de la date de la donation : 6 % par an de la sixième à la vingt et unième année et 4 % la vingt-deuxième pour l'impôt sur le revenu, exonéré après vingt-deux ans ; les prélèvements sociaux s'éteignent après trente ans. Si le bien est votre résidence principale au jour de la vente, l'exonération est totale.

Mes frères et sœurs peuvent-ils contester la vente d'un bien que j'ai reçu en donation ?

Ils ne peuvent pas empêcher la vente, et l'acquéreur est protégé : depuis 2006, la réduction d'une donation excessive se fait en valeur, sous forme d'une indemnité due par le donataire, et non par la reprise du bien. Ce qu'ils peuvent faire, au décès du donateur, c'est demander cette indemnité si la donation a entamé leur réserve. Une donation-partage fige les valeurs au jour de l'acte et évite l'essentiel des contestations ; pour une donation simple, l'accord des frères et sœurs à la vente, ou leur renonciation anticipée à l'action en réduction devant notaire, ferme définitivement le sujet.

Le donateur a gardé l'usufruit : puis-je vendre quand même ?

Vous pouvez vendre ce que vous avez, c'est-à-dire la nue-propriété seule — un marché étroit et décoté, puisque l'acquéreur ne disposera du bien qu'au décès de l'usufruitier. Pour vendre le bien entier, l'usufruitier doit vendre avec vous, et le prix se partage entre vous selon son âge, au barème fiscal de l'article 669, sauf accord différent. L'usufruitier peut aussi renoncer à son usufruit avant la vente ; c'est possible, mais cela a des effets fiscaux qu'il faut faire chiffrer par le notaire avant de choisir.

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