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Travaux votés en copropriété : qui paie quand on vend à Nice ?

Septembre 2026 · 7 min de lecture

La question arrive toujours au même moment. L'assemblée générale a voté un ravalement ou le remplacement de l'ascenseur au printemps, le compromis est signé au début de l'été, le premier appel de fonds tombe à la rentrée — et le vendeur découvre qu'il ne sait pas s'il doit le payer. La réponse ne dépend ni de la date du vote ni de la date de la vente, mais d'une troisième date que presque personne ne regarde : celle à laquelle le syndic appelle l'argent. Et cette réponse par défaut se négocie.

La règle : celui qui est copropriétaire le jour de l'appel de fonds

Le décret du 17 mars 1967, à son article 6-2, tranche en deux phrases. Les provisions du budget prévisionnel — les charges courantes — sont dues par celui qui est copropriétaire à la date où elles deviennent exigibles, en général le premier jour de chaque trimestre. Les dépenses hors budget, c'est-à-dire les travaux votés, sont dues par celui qui est copropriétaire au moment où l'assemblée a fixé leur exigibilité. Le transfert de propriété se fait le jour de l'acte authentique, et c'est cette date que le syndic retient une fois la vente notifiée.

La conséquence surprend : des travaux votés avant la vente mais dont les appels de fonds tombent après l'acte sont, par défaut, à la charge de l'acquéreur. À l'inverse, un appel de fonds exigible la veille de l'acte reste dû par le vendeur, même si les travaux ne commencent que l'année suivante. Le vote ne crée pas la dette ; l'appel de fonds la crée.

Ce que le compromis peut prévoir

Entre vendeur et acquéreur, la convention est libre, et elle est fréquente. La clause la plus répandue met à la charge du vendeur les travaux votés avant la signature du compromis, quelle que soit la date des appels de fonds, et laisse à l'acquéreur ceux qui seront votés ensuite. Elle n'est opposable qu'entre eux : le syndic, lui, continue d'appeler les fonds à celui qui est copropriétaire le jour de l'exigibilité, et c'est le notaire qui fait le compte à l'acte, en déduisant du prix ou en le majorant. Rien n'empêche non plus de partager, ou de convenir que les travaux restent à l'acquéreur contre une baisse du prix : ce qui compte, c'est que ce soit écrit.

Travaux votés et déjà appelés
Le vendeur les a payés ou les doit ; ils ne se transfèrent pas. Un appel de fonds impayé au jour de l'acte est retenu sur le prix par le notaire, qui règle le syndic.
Travaux votés, pas encore appelés
À l'acquéreur par défaut, au vendeur par clause. C'est le cas à négocier, et à chiffrer précisément : le procès-verbal donne le montant total et la répartition par lot.
Travaux à l'ordre du jour d'une assemblée entre le compromis et l'acte
Le vendeur vote encore, mais il engage un bien qu'il ne gardera pas. La promesse prévoit souvent qu'il informe l'acquéreur, et parfois qu'il lui donne mandat pour voter à sa place. À défaut, la règle de l'exigibilité s'applique, et l'acquéreur paiera des travaux qu'il n'a pas choisis.

Le fonds de travaux ne se rembourse pas

Depuis la loi Alur, chaque copropriété cotise à un fonds de travaux — au moins 5 % du budget prévisionnel chaque année. La loi du 10 juillet 1965, à son article 14-2, est nette : les sommes versées à ce fonds sont attachées aux lots et définitivement acquises au syndicat. Le vendeur ne récupère donc rien du syndic. Il peut en revanche en tenir compte dans le prix, ou convenir avec l'acquéreur d'un remboursement de la part attachée au lot : le montant figure dans l'état daté, et beaucoup de compromis le traitent en une ligne. Ne pas le demander, c'est offrir cette somme.

Ce que l'acquéreur verra de toute façon

Cacher des travaux votés ne fonctionne pas, et se retourne contre le vendeur. La promesse doit être accompagnée du règlement de copropriété, des procès-verbaux des trois dernières assemblées générales, du montant des charges des deux derniers exercices et du carnet d'entretien — c'est l'article L721-2 du code de la construction et de l'habitation. L'acquéreur y lit chaque vote, chaque devis, chaque report. S'y ajoutent l'état daté que le syndic établit avant l'acte, dont le prix est plafonné à 380 €, et, pour un nombre croissant d'immeubles, le plan pluriannuel de travaux, obligatoire depuis 2023 pour les copropriétés de plus de 200 lots, 2024 au-delà de 50 lots, 2025 pour toutes les autres, qui projette les travaux sur dix ans. Un acquéreur qui découvre après l'acte des travaux que le vendeur connaissait peut demander une réduction du prix, voire l'annulation. Annoncer, chiffrer, et fixer le prix en conséquence est la seule stratégie qui tienne.

À Nice, ce que cela change concrètement

Le parc niçois est ancien : immeubles bourgeois du début du siècle dernier, résidences des années 1960 et 1970 sur la Promenade et à l'ouest, grandes copropriétés de plusieurs centaines de lots. Ravalements, colonnes montantes, ascenseurs, toitures-terrasses et, désormais, rénovation énergétique après le diagnostic collectif : les assemblées votent, et les montants par lot se comptent en milliers d'euros. Un acquéreur niçois expérimenté commence par les procès-verbaux d'assemblée, pas par les photos. Un vendeur qui arrive avec le décompte des travaux votés, ce qui a été appelé, ce qui reste à appeler et ce qu'il propose, vend plus vite et négocie moins.

Ce qu'un vendeur doit faire, dans l'ordre

  • Relire les trois derniers procès-verbaux et lister les travaux votés, avec pour chacun le montant par lot et le calendrier des appels de fonds.
  • Demander au syndic un pré-état daté ou un relevé de la situation du lot : appels en cours, fonds de travaux, procédures.
  • Décider avant l'annonce ce qui restera à sa charge, et le dire : un acquéreur informé ne renégocie pas au compromis.
  • Faire écrire la répartition dans le compromis, travaux par travaux, avec les montants.
  • Vérifier qu'aucune assemblée n'est convoquée entre le compromis et l'acte ; sinon, prévoir qui vote et qui paie.

Questions fréquentes

Travaux votés en copropriété : qui paie quand on vend à Nice ?

Travaux votés avant la vente : qui doit les payer ?

Par défaut, celui qui est copropriétaire à la date où le syndic appelle les fonds, et non celui qui a voté : c'est l'article 6-2 du décret du 17 mars 1967. Des travaux votés avant la vente mais appelés après l'acte authentique sont donc à la charge de l'acquéreur, sauf si le compromis en décide autrement. Dans la pratique niçoise, la clause qui met les travaux votés avant le compromis à la charge du vendeur est fréquente ; elle se négocie, et le notaire en fait le compte à l'acte.

Le vendeur doit-il payer le ravalement voté avant la vente ?

Seulement les appels de fonds exigibles avant l'acte, sauf clause contraire. Si l'assemblée a voté le ravalement mais que les appels tombent après la vente, ils sont dus par l'acquéreur, à moins que le compromis ne les mette à la charge du vendeur. Ce point est presque toujours discuté, parce qu'un ravalement se chiffre en milliers d'euros par lot : la bonne méthode est de l'annoncer avec son montant dès la mise en vente, et de fixer le prix en le sachant.

Peut-on récupérer le fonds de travaux quand on vend ?

Pas auprès du syndic : les sommes versées au fonds de travaux sont attachées au lot et acquises au syndicat des copropriétaires, dit l'article 14-2 de la loi du 10 juillet 1965. Le vendeur peut en revanche convenir avec l'acquéreur que celui-ci lui rembourse la part attachée au lot, dont le montant figure dans l'état daté. C'est une ligne du compromis, et elle est souvent oubliée.

Faut-il informer l'acquéreur des travaux votés ?

Oui, et l'acquéreur les verra de toute façon : les procès-verbaux des trois dernières assemblées, le carnet d'entretien et les charges des deux derniers exercices sont annexés à la promesse, et l'état daté du syndic précède l'acte. Taire des travaux connus expose le vendeur à une action en réduction du prix, voire en nullité pour dol. Les annoncer, avec leur montant et ce que l'on propose, est aussi le meilleur argument de vente : un dossier clair rassure et écourte la négociation.

Qu'est-ce que l'état daté, et combien coûte-t-il ?

Le document que le syndic établit à la demande du notaire avant la vente : il indique les sommes dues par le vendeur au syndicat, celles que le syndicat pourrait lui devoir, les charges et appels de fonds à venir, le fonds de travaux attaché au lot et les procédures en cours. Son prix est plafonné par décret à 380 €, à la charge du vendeur. Le pré-état daté, demandé plus tôt pour l'annonce ou le compromis, n'est pas obligatoire et son prix n'est pas plafonné : on peut le remplacer par les procès-verbaux et le dernier appel de charges.

L'acquéreur peut-il voter à l'assemblée générale entre le compromis et l'acte ?

Pas de son propre droit : jusqu'à l'acte authentique, le vendeur est le copropriétaire, et lui seul est convoqué et vote. La promesse peut prévoir qu'il donne mandat à l'acquéreur pour le représenter, ou au moins qu'il l'informe de l'ordre du jour et suive son avis. Sans cette précaution, un vendeur peut voter des travaux que l'acquéreur paiera, ou refuser des travaux que l'acquéreur souhaitait : autant régler la question avant.

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