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Vendre un bien en usufruit et nue-propriété à Nice : qui signe, qui touche quoi ?
Septembre 2026 · 8 min de lecture
Une donation-partage faite il y a quinze ans, ou une succession réglée avec l'option du conjoint pour l'usufruit : le résultat est le même. L'appartement de Cimiez ou de Fabron appartient à deux titres — l'usufruit à la mère ou au père, la nue-propriété aux enfants — et le jour où il faut le vendre, personne ne peut le faire seul. La vente d'un bien démembré n'est pas plus longue qu'une autre, à condition de savoir dès le départ qui signe, comment le prix se partage, et ce que l'on peut décider à la place du barème.
Deux droits, deux signatures
L'usufruitier a le droit d'user du bien et d'en percevoir les revenus, à charge d'en conserver la substance, dit l'article 578 du code civil ; le nu-propriétaire a le reste, c'est-à-dire la propriété sans la jouissance, et il retrouvera la pleine propriété au décès de l'usufruitier. Chacun ne peut vendre que ce qu'il a : l'usufruitier son usufruit, le nu-propriétaire sa nue-propriété. Vendre la pleine propriété — ce que veut l'immense majorité des acquéreurs — exige donc la signature de l'usufruitier et de tous les nus-propriétaires, qui sont souvent plusieurs, en indivision entre eux. Un mandat de vente signé par le parent seul ne permet rien ; un enfant qui refuse bloque tout, et le juge ne peut pas passer outre comme il le ferait pour une indivision ordinaire. La première étape n'est pas l'estimation, c'est l'accord de tous, écrit.
Comment se partage le prix
Quand le bien est vendu en pleine propriété, le prix se répartit entre l'usufruitier et les nus-propriétaires. La règle par défaut, et celle que l'administration fiscale applique pour calculer les droits, est le barème de l'article 669 du code général des impôts, qui évalue l'usufruit selon l'âge de l'usufruitier au jour de la vente :
- Moins de 21 ans révolus
- Usufruit 90 % — nue-propriété 10 %.
- Moins de 31 ans
- Usufruit 80 % — nue-propriété 20 %.
- Moins de 41 ans
- Usufruit 70 % — nue-propriété 30 %.
- Moins de 51 ans
- Usufruit 60 % — nue-propriété 40 %.
- Moins de 61 ans
- Usufruit 50 % — nue-propriété 50 %.
- Moins de 71 ans
- Usufruit 40 % — nue-propriété 60 %.
- Moins de 81 ans
- Usufruit 30 % — nue-propriété 70 %.
- Moins de 91 ans
- Usufruit 20 % — nue-propriété 80 %.
- 91 ans et plus
- Usufruit 10 % — nue-propriété 90 %.
Ce barème avance par paliers de dix ans, et il est le même pour une usufruitière de 71 ans et pour une de 80 : il ne prétend pas mesurer une espérance de vie, il fixe une convention. Les parties peuvent lui préférer une évaluation dite économique, qui capitalise les revenus du bien sur l'espérance de vie réelle de l'usufruitier — celle que publie l'INSEE, que notre calcul viager utilise — et qui donne le plus souvent une part supérieure à l'usufruitier âgé. Elle doit alors être écrite dans l'acte et justifiée, car l'administration compare.
Ou ne pas partager : le quasi-usufruit et le remploi
Beaucoup de familles ne veulent pas que le prix soit coupé en deux. Le code civil le permet de deux façons. La première est le remploi : le prix sert à acheter un autre bien, qui sera lui-même démembré dans les mêmes proportions — l'usufruit à l'un, la nue-propriété aux autres — par exemple un appartement plus petit et plus commode pour le parent. La seconde est le quasi-usufruit de l'article 587 : l'usufruitier reçoit la totalité du prix, en dispose librement, et doit à ses nus-propriétaires une somme équivalente à sa mort, qui vient en déduction de la succession. Cette convention se rédige devant notaire, avec un inventaire du montant ; son traitement fiscal a été resserré par la loi de finances pour 2024, et il faut le faire vérifier avant de choisir. Dans les deux cas, l'accord des enfants est nécessaire : ils renoncent à toucher leur part tout de suite.
La plus-value, les diagnostics, les honoraires
Chaque vendeur est imposé sur sa part du prix, avec sa propre valeur d'acquisition : pour un nu-propriétaire qui a reçu son droit par donation ou succession, c'est la valeur de la nue-propriété déclarée à l'époque, et le délai de détention court depuis cette date. L'exonération de la résidence principale ne joue que pour celui qui habite le bien — l'usufruitier, en général — et seulement sur sa part. Le calcul est celui du notaire, et il peut réserver de bonnes comme de mauvaises surprises : le faire avant de fixer le prix évite de découvrir l'impôt à l'acte. Les diagnostics sont dus par les vendeurs, en pratique répartis comme le prix ; les honoraires de l'agence se calculent sur le prix total, selon le barème publié.
Vendre la nue-propriété seule
Il existe une troisième voie quand le parent veut rester chez lui : ne vendre que la nue-propriété. L'acquéreur paie aujourd'hui une valeur réduite de l'occupation, et devient plein propriétaire au décès de l'usufruitier, sans rente. C'est l'équivalent d'un viager occupé sans rente, et sa valeur se calcule de la même façon — le loyer que l'occupant ne paie pas, sur son espérance de vie. Le marché existe à Nice, porté par des investisseurs patients, mais il est étroit et la décote est forte : il faut le comparer chiffres en main avec une vente en pleine propriété suivie d'un relogement.
Ce qu'il faut faire, dans l'ordre
- Réunir l'acte qui a créé le démembrement — donation, donation-partage, déclaration de succession — pour connaître les droits de chacun et les valeurs déclarées.
- Obtenir l'accord écrit de l'usufruitier et de tous les nus-propriétaires sur le principe de la vente et sur la répartition du prix, ou sur le remploi.
- Choisir entre le barème fiscal et l'évaluation économique, et le faire écrire dans le mandat puis dans l'acte.
- Faire calculer la plus-value de chacun par le notaire avant de fixer le prix.
- Faire signer le mandat de vente par tous les titulaires de droits, pas par un seul.
Questions fréquentes
Vendre un bien en usufruit et nue-propriété à Nice : qui signe, qui touche quoi ?
Un usufruitier peut-il vendre seul le bien ?
Non. Il ne peut vendre que son usufruit, ce qui n'intéresse à peu près personne. La vente de la pleine propriété exige la signature de l'usufruitier et de tous les nus-propriétaires, et un mandat de vente signé par le seul usufruitier ne permet pas de vendre. Si un nu-propriétaire refuse, la vente est bloquée : contrairement à l'indivision ordinaire, aucune majorité ne permet de passer outre, et le juge n'autorise la vente que dans des cas très limités.
Comment le prix est-il partagé entre l'usufruitier et le nu-propriétaire ?
Par défaut selon le barème de l'article 669 du code général des impôts, qui donne à l'usufruit une fraction du prix décroissante avec l'âge de l'usufruitier : 40 % entre 61 et 70 ans, 30 % entre 71 et 80 ans, 20 % entre 81 et 90 ans, 10 % au-delà. Les parties peuvent lui préférer une évaluation économique, fondée sur les revenus du bien et l'espérance de vie réelle de l'usufruitier, à condition de l'écrire et de la justifier dans l'acte. Elles peuvent aussi ne pas partager, par remploi du prix dans un autre bien démembré ou par convention de quasi-usufruit.
Quel est le barème de l'usufruit selon l'âge ?
Celui de l'article 669 du CGI, par tranches de dix ans : usufruit de 90 % avant 21 ans, 80 % avant 31 ans, 70 % avant 41 ans, 60 % avant 51 ans, 50 % avant 61 ans, 40 % avant 71 ans, 30 % avant 81 ans, 20 % avant 91 ans et 10 % à partir de 91 ans, la nue-propriété valant le complément. L'âge retenu est celui de l'usufruitier au jour de la vente. Ce barème sert au calcul des droits ; il ne mesure pas une espérance de vie.
Peut-on vendre la nue-propriété seule, en gardant l'usufruit ?
Oui. Le parent reste chez lui sa vie durant, et l'acquéreur, qui a payé une valeur réduite de l'occupation, devient plein propriétaire à son décès sans verser de rente. C'est une forme de viager sans rente, dont la valeur se calcule de la même manière : le loyer que l'occupant ne paie pas, sur son espérance de vie. Le marché existe à Nice mais il est étroit, et la décote est forte ; il faut comparer avec une vente en pleine propriété suivie d'un relogement.
L'usufruitier peut-il garder tout le prix de la vente ?
Avec l'accord des nus-propriétaires, par une convention de quasi-usufruit prévue à l'article 587 du code civil : il reçoit et dépense librement la totalité du prix, et doit une somme équivalente à ses nus-propriétaires à son décès, sous forme d'une dette déduite de sa succession. La convention se rédige devant notaire. Son traitement fiscal a été modifié par la loi de finances pour 2024 : il faut le faire vérifier avant de choisir cette voie plutôt que le partage ou le remploi.
Qui paie l'impôt sur la plus-value dans une vente démembrée ?
Chacun sur sa part du prix, avec sa propre valeur d'acquisition et son propre délai de détention. Le nu-propriétaire qui a reçu son droit par donation ou succession part de la valeur de la nue-propriété déclarée à l'époque. L'exonération de la résidence principale ne profite qu'à celui qui habite le bien, en général l'usufruitier, et uniquement sur sa part. Le notaire calcule chaque plus-value avant l'acte ; le faire avant de fixer le prix évite les surprises.
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