Fiscalité
Plus-value immobilière : calcul, abattements et exonérations
Juillet 2026 · 6 min de lecture
Vendre un bien immobilier, c'est souvent solder plusieurs années — parfois plusieurs décennies — d'histoire patrimoniale. Lorsque le prix de vente dépasse le prix auquel le bien a été acquis, la différence constitue une plus-value immobilière, susceptible d'être imposée. À Nice, où la valorisation des biens s'inscrit dans la durée, la question revient très régulièrement : elle concerne au premier chef les résidences secondaires de la Côte d'Azur, les appartements du Carré d'Or transmis par héritage ou les villas du Mont Boron détenues de longue date.
La mécanique est plus lisible qu'il n'y paraît. Elle repose sur un calcul en plusieurs étapes, sur des majorations qui viennent réduire l'assiette imposable, puis sur des abattements liés à la durée pendant laquelle vous avez conservé le bien. Voici les repères essentiels pour aborder votre projet de vente sereinement, avant de faire chiffrer précisément votre situation par votre notaire.
Qu'appelle-t-on exactement une plus-value immobilière ?
La plus-value immobilière est le gain réalisé lors de la cession à titre onéreux d'un bien : appartement, maison, terrain, mais aussi parts de sociétés immobilières. Elle ne se confond pas avec la simple différence entre le prix d'achat et le prix de revente, car le calcul fiscal autorise la prise en compte de certains frais et dépenses. Lorsqu'elle est imposable, elle supporte deux prélèvements distincts, qui obéissent à des règles propres : l'impôt sur le revenu d'une part, les prélèvements sociaux d'autre part. Retenir cette dualité est essentiel, car les deux ne s'éteignent pas au même rythme.
Les principaux cas d'exonération
La résidence principale : le premier réflexe
C'est la règle la plus large et la plus connue : la vente du logement qui constitue votre résidence principale au jour de la cession est exonérée de plus-value, quelle que soit la durée de détention et quel que soit le montant du gain. Les dépendances immédiates et nécessaires vendues en même temps — cave, garage, jardin — suivent en principe le même sort. Encore faut-il que ce caractère de résidence principale soit réel et démontrable : occupation effective et habituelle, adresse fiscale, consommations, courrier. Une occupation de façade ne suffit pas.
Les autres situations exonérées
Le législateur a prévu d'autres hypothèses, chacune assortie de conditions précises qu'il faut vérifier au cas par cas :
- La première cession d'un logement autre que la résidence principale, lorsque le vendeur n'a pas été propriétaire de sa résidence principale au cours des années précédentes et qu'il remploie le prix de vente dans l'acquisition ou la construction de son habitation principale, dans le délai prévu par la loi.
- Les cessions dont le prix reste inférieur au seuil fixé par les textes, apprécié bien par bien.
- Les biens détenus suffisamment longtemps pour que les abattements pour durée de détention aient produit tous leurs effets.
- Certaines cessions réalisées par des personnes retraitées ou invalides, sous conditions de ressources.
- Les cessions consécutives à une expropriation, lorsque l'indemnité est remployée dans les conditions requises.
- Le logement en France du non-résident, dans les limites et sous les conditions strictes prévues par la loi.
Ces régimes évoluent et leurs seuils sont revus par les lois de finances. Faites donc confirmer votre éligibilité par un notaire au moment de la vente, plutôt que de vous fier à une information lue quelques années plus tôt.
Le calcul, étape par étape
Lorsque aucune exonération ne s'applique, la plus-value se détermine en confrontant deux termes que la loi permet de corriger. Voici les étapes, dans l'ordre où le notaire les traite.
- Le prix de cession
- Le prix stipulé dans l'acte de vente, augmenté des charges et indemnités éventuellement mises à la charge de l'acquéreur, et diminué de certains frais supportés par le vendeur et justifiés, notamment le coût des diagnostics obligatoires et, le cas échéant, la mainlevée d'hypothèque.
- Le prix d'acquisition
- Le prix effectivement payé lors de l'achat, tel qu'il figure dans l'acte. En cas de succession ou de donation, on retient la valeur déclarée qui a servi de base aux droits de mutation.
- Les frais d'acquisition
- Les frais de notaire et droits d'enregistrement supportés lors de l'achat viennent majorer le prix d'acquisition, pour leur montant réel justifié ou, à défaut, pour un forfait légal appliqué au prix d'achat.
- Les dépenses de travaux
- Les travaux de construction, reconstruction, agrandissement ou amélioration s'ajoutent également au prix d'acquisition, à condition d'avoir été réalisés par une entreprise et d'être justifiés par facture. L'entretien courant et les réparations locatives sont exclus. Au-delà d'une certaine durée de détention, un forfait légal peut se substituer aux dépenses réelles.
- La plus-value brute
- C'est la différence entre le prix de cession corrigé et le prix d'acquisition majoré. Si elle est négative, la moins-value n'est en principe ni imputable ni reportable.
- La plus-value nette imposable
- La plus-value brute est ensuite réduite par les abattements pour durée de détention, calculés séparément pour l'impôt sur le revenu et pour les prélèvements sociaux.
Ce détail explique pourquoi deux ventes au même prix peuvent donner lieu à des impositions très différentes : un bien rénové avec des factures d'entreprise conservées supporte une charge fiscale bien moindre qu'un bien dont les travaux ont été réalisés sans justificatifs.
Les abattements pour durée de détention
| Durée de détention | Abattement — impôt sur le revenu (19 %) | Abattement — prélèvements sociaux (17,2 %) |
|---|---|---|
| 5 ans ou moins | 0 % | 0 % |
| 10 ans | 30 % | 8,25 % |
| 15 ans | 60 % | 16,5 % |
| 20 ans | 90 % | 24,75 % |
| 22 ans | 100 % — exonéré | 28 % |
| 25 ans | 100 % — exonéré | 55 % |
| 30 ans | 100 % — exonéré | 100 % — exonéré |
C'est l'écart entre les deux colonnes qui surprend le plus les vendeurs. À 15 ans de détention, la plus-value est déjà abattue de 60 % à l'impôt sur le revenu, mais de 16,5 % seulement aux prélèvements sociaux. L'exonération complète arrive à vingt-deux ans pour l'un et à trente ans pour l'autre : entre les deux, on ne paie plus d'impôt sur le revenu mais on continue de payer des prélèvements sociaux. C'est la raison pour laquelle deux ventes réalisées à un an d'intervalle peuvent supporter une note très différente.
Plus vous conservez longtemps votre bien, moins la plus-value est taxée. L'abattement se calcule par années révolues de détention, décomptées de date à date à partir de l'acquisition, et progresse selon deux cadences différentes.
- Au titre de l'impôt sur le revenu, l'exonération est totale après 22 ans de détention.
- Au titre des prélèvements sociaux, l'exonération n'est totale qu'après 30 ans de détention.
- Entre ces deux échéances, la plus-value peut donc être exonérée d'impôt sur le revenu tout en restant soumise aux prélèvements sociaux.
- Les premières années de détention n'ouvrent droit à aucun abattement : le décompte ne démarre qu'après un délai initial prévu par les textes.
En pratique, la date d'achat exacte mérite d'être vérifiée avant de signer un compromis : il n'est pas rare que quelques semaines de patience fassent basculer une vente dans une année de détention supplémentaire, avec un effet immédiat sur la note finale. Par ailleurs, une taxation complémentaire s'applique aux plus-values les plus élevées ; votre notaire vous dira si vous êtes concerné.
Qui déclare et qui paie ?
Dans la très grande majorité des cas, vous n'avez aucune démarche à effectuer vous-même. C'est le notaire qui établit la déclaration, calcule l'impôt dû, le prélève sur le prix de vente le jour de l'acte authentique et le reverse à l'administration : la somme qui vous revient est donc déjà nette d'imposition. La plus-value doit néanmoins être reportée sur votre déclaration de revenus de l'année suivante.
Nos conseils avant de mettre en vente
- Retrouvez votre acte d'acquisition, ou l'acte de succession ou de donation : c'est la pièce qui fixe le point de départ du calcul.
- Rassemblez toutes les factures d'entreprise liées aux travaux réalisés depuis l'achat ; les devis, les tickets de matériaux et les travaux effectués par vous-même ne sont pas retenus.
- Conservez les justificatifs des frais de notaire acquittés lors de l'achat.
- Faites simuler l'imposition par votre notaire avant de fixer votre prix de vente, afin de raisonner en produit net et non en prix affiché.
- Si votre bien est une résidence secondaire azuréenne détenue depuis longtemps, vérifiez l'année exacte à laquelle vous franchissez les seuils de 22 et 30 ans.
Anticiper ces éléments, c'est éviter la mauvaise surprise au moment de la signature et négocier en connaissance de cause. Notre équipe, installée au 8 avenue Auber à Nice, vous accompagne à chaque étape de la vente, en lien étroit avec les études notariales de la ville.
Cet article constitue une information générale à caractère pédagogique. Il ne remplace ni l'avis d'un notaire ni celui d'un conseiller fiscal, seuls habilités à analyser votre situation personnelle et à appliquer les textes en vigueur au jour de votre vente.
Questions fréquentes
Plus-value immobilière : calcul, abattements et exonérations
Quelle est la formule pour calculer la plus-value immobilière ?
La formule tient en une ligne, mais chacun de ses deux termes se corrige. Plus-value brute = prix de cession corrigé − prix d'acquisition majoré. Le prix de cession est celui de l'acte, augmenté des charges mises à la charge de l'acquéreur et diminué de certains frais que vous avez supportés et pouvez justifier. Le prix d'acquisition est celui que vous avez payé — ou, en cas de succession ou de donation, la valeur déclarée qui a servi de base aux droits —, majoré des frais d'acquisition (pour leur montant réel justifié ou, à défaut, un forfait légal) et des travaux de construction, reconstruction, agrandissement ou amélioration réalisés par une entreprise et justifiés par factures. On applique ensuite les abattements pour durée de détention, calculés séparément pour l'impôt sur le revenu et pour les prélèvements sociaux, ce qui donne la plus-value nette imposable. C'est ce jeu de majorations qui explique que deux ventes au même prix donnent des impositions très différentes : conservez vos factures.
Quel est l'abattement sur la plus-value immobilière en 2026 ?
Deux cadences distinctes, et c'est la source de la plupart des malentendus. Pour l'impôt sur le revenu, aucun abattement pendant les cinq premières années, puis 6 % par année de détention de la sixième à la vingt-et-unième, et 4 % la vingt-deuxième : l'exonération est totale à vingt-deux ans révolus. Pour les prélèvements sociaux, le rythme est bien plus lent : 1,65 % par an de la sixième à la vingt-et-unième année, 1,60 % la vingt-deuxième, puis 9 % par an de la vingt-troisième à la trentième, d'où une exonération complète seulement à trente ans. Un exemple parle mieux qu'un tableau : à quinze ans de détention, l'abattement atteint 60 % à l'impôt sur le revenu, mais 16,5 % seulement aux prélèvements sociaux. La refonte de ce barème — la fameuse réforme des dix-sept ans — a été débattue mais n'a pas été retenue dans la loi de finances pour 2026. Le notaire recalcule tout au jour de l'acte.
Quel est le tableau d'exonération de la plus-value immobilière ?
Il y a en réalité deux tableaux et il faut les lire ensemble. Sur la durée de détention : exonération d'impôt sur le revenu à vingt-deux ans, exonération de prélèvements sociaux à trente ans. Tant que les deux ne sont pas atteints, la plus-value nette est taxée à 19 % au titre de l'impôt sur le revenu et 17,2 % au titre des prélèvements sociaux, soit 36,2 %, auxquels s'ajoute une surtaxe progressive de 2 à 6 % au-delà de 50 000 € de plus-value imposable. Sur la nature de l'opération, ensuite, plusieurs cas d'exonération existent indépendamment de la durée : la résidence principale au jour de la cession, quel que soit le montant ; la première cession d'un logement autre que la résidence principale sous condition de remploi dans l'achat d'une résidence principale ; les cessions dont le prix n'excède pas un seuil légal ; certaines situations liées à l'âge, au handicap ou à l'expropriation. Chacune est assortie de conditions strictes à vérifier avec votre notaire.
Comment ne pas payer d'impôt sur la vente d'une résidence secondaire ?
Cinq voies existent, toutes encadrées, et aucune ne s'improvise le jour de l'acte. La détention longue d'abord : trente ans effacent l'impôt comme les prélèvements sociaux, vingt-deux ans n'effacent que l'impôt sur le revenu. Le remploi ensuite : la première cession d'un logement autre que la résidence principale peut être exonérée si vous n'avez pas été propriétaire de votre résidence principale au cours des quatre années précédentes et si vous réinvestissez le prix dans l'achat de celle-ci, dans le délai imparti. La transformation en résidence principale, à condition qu'elle soit réelle et durable, l'administration examinant l'occupation effective. La donation aux enfants, qui purge la plus-value mais relève d'une stratégie patrimoniale complète. Enfin, plus simplement, la reconstitution du prix d'acquisition majoré : retrouver les factures d'entreprise de tous les travaux réalisés fait souvent plus pour la note finale que n'importe quel montage. Ces régimes se valident avec un notaire, avant la mise en vente.
Quel délai pour vendre sa résidence secondaire sans plus-value ?
Trente ans pour une exonération complète. C'est la seule réponse exacte, et elle surprend souvent, parce que le chiffre de vingt-deux ans circule beaucoup plus. Vingt-deux ans effacent l'impôt sur le revenu — les 19 % — mais laissent courir les prélèvements sociaux à 17,2 %, dont l'abattement ne s'achève qu'à la trentième année. Entre les deux, la charge diminue mais ne disparaît pas. Deux précisions pratiques valent d'être connues. La durée se décompte de date à date à partir de l'acquisition, par années révolues : quelques semaines de patience font parfois basculer une vente dans une année supplémentaire, avec un effet immédiat sur la note — cela se vérifie sur le titre de propriété avant de signer un compromis. Et à Nice, où beaucoup de biens sont détenus depuis longtemps par des familles ou des non-résidents, cet arbitrage entre la date de vente et le calendrier fiscal est bien plus fréquent qu'on ne l'imagine.
Pourquoi attendre 5 ans avant de vendre ?
La règle des cinq ans est un repère de bon sens, pas une règle fiscale : aucun abattement pour durée de détention ne s'applique avant la sixième année, et rien ne change au passage du cinquième anniversaire. Ce que ce délai recouvre vraiment, c'est le temps nécessaire pour amortir les frais d'une acquisition — droits de mutation, émoluments du notaire, honoraires, éventuels frais de dossier bancaire — qui représentent une part significative du prix payé. Il faut que le marché ait progressé d'autant pour revendre sans perte. À Nice, cette progression a été réelle sur la période récente : le prix médian au mètre carré des ventes enregistrées dans le fichier public DVF est passé de 4 333 € en 2021 à 4 955 € en 2025, soit 14,4 % en cinq ans, et aucun des trente-deux quartiers analysés n'a reculé. Un rappel s'impose toutefois : cette moyenne recouvre des écarts considérables, de 5,7 % à Saint-Philippe à 34,4 % à Ventabrun.
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