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Revendre un appartement à Nice après deux ou trois ans : à quel prix, et qui y perd ?
Septembre 2026 · 8 min de lecture
Personne n'achète pour revendre deux ans plus tard, et pourtant cela arrive tout le temps : une mutation, une séparation, une naissance, un achat qu'on regrette. La question est alors brutale : vais-je y perdre ? Les réponses habituelles sont des opinions. Nous avons préféré compter. Dans les ventes enregistrées à Nice par l'administration fiscale de 2021 à 2025, nous avons suivi chaque logement d'une vente à l'autre — même parcelle, même numéro de lot, même surface — et isolé les 2 740 appartements et maisons achetés puis revendus dans cette fenêtre. Un chiffre d'abord : en 2025, 14 % des logements vendus à Nice avaient été achetés moins de cinq ans plus tôt.
Ce que disent 2 740 reventes, selon le temps de détention
- Moins d'un an — 864 reventes
- Détention médiane de sept mois et demi, prix de revente supérieur de 40 % au prix d'achat en médiane, 5 % de reventes à perte. Ce ne sont pas des particuliers qui ont changé d'avis : ce sont, pour l'essentiel, des opérations d'achat, rénovation et revente.
- Un à deux ans — 829 reventes
- Dix-sept mois en médiane, +34 %, 8 % à perte. Encore beaucoup d'opérations de rénovation, mais déjà des reventes contraintes.
- Deux à trois ans — 565 reventes
- Vingt-neuf mois en médiane, +21 %, et 11 % de reventes à perte : la tranche la plus exposée, parce qu'elle mêle des biens revendus en l'état dans un marché qui ne monte plus.
- Trois ans et plus (dans la fenêtre) — 482 reventes
- Quarante-trois mois en médiane, +22 %, 10 % à perte. L'écart avec la tranche précédente est faible : au-delà de deux ans, le temps seul ne fait plus grand-chose.
Pourquoi ces gains ne sont pas ceux du marché
Un gain médian de 30 % en dix-huit mois ne décrit pas l'évolution des prix à Nice, qui sont stables ou en léger recul depuis 2023 selon les quartiers. Il décrit ce qui s'est passé entre les deux ventes : des appartements achetés à rénover, transformés, revendus refaits. L'acte de vente enregistre le prix, jamais les travaux. Les 40 % de la première tranche sont donc, pour l'essentiel, le prix de la rénovation et la marge du professionnel qui l'a faite — pas une hausse du marché. Le vendeur qui revend en l'état ce qu'il a acheté en l'état doit regarder l'autre chiffre : la part de reventes à perte, qui double entre la première année et la troisième.
Le seuil à franchir pour ne pas perdre
Revendre un bien acheté en l'état coûte deux fois : les frais de notaire payés à l'achat, autour de 7 à 8 % du prix dans l'ancien, sont perdus ; les honoraires de la vente, selon le barème, s'y ajoutent s'ils sont à la charge du vendeur. Il faut donc que le bien se revende 12 à 15 % plus cher que son prix d'achat pour simplement retrouver sa mise, hors travaux et hors intérêts du crédit. Sur un marché qui ne monte pas, c'est exactement la situation des 11 % de reventes à perte de la tranche deux à trois ans — et de bien d'autres qui, revendues avec un gain apparent de 5 %, ont en réalité perdu. S'y ajoute, pour un bien qui n'est pas la résidence principale, l'impôt sur la plus-value, à 19 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux, dont les abattements ne commencent qu'à partir de la sixième année de détention.
Où l'on revend le plus vite
Les reventes rapides se concentrent là où les petites surfaces et les immeubles anciens sont nombreux : Riquier, avec 187 reventes suivies, le Quartier des Musiciens (173), Gambetta (156), puis les Baumettes, le Carré d'Or et Dubouchage, autour de 110 chacun. La part de reventes à perte y varie du simple au double — 4 % à Gambetta, 6 % aux Musiciens, 7 % à Dubouchage, 10 % à Riquier — ce qui tient moins au quartier qu'au type de biens revendus : plus la part d'opérations de rénovation est forte, plus la part à perte est faible. Chaque fiche de quartier donne le prix réel par type de bien et rue par rue ; c'est là que se lit le prix de revente possible d'un bien précis.
Ce qu'un vendeur contraint doit en retenir
- Chiffrer d'abord le seuil : prix d'achat + frais de notaire payés + honoraires de la vente + travaux faits. En dessous, on perd.
- Comparer ce seuil au prix des ventes réelles de la rue, pas au prix d'achat majoré d'un espoir.
- Si le seuil n'est pas atteint, comparer avec l'autre option : louer le bien deux ou trois ans, en calculant le rendement net et la fiscalité, plutôt que vendre à perte.
- Vérifier si la vente est exonérée de plus-value (résidence principale) ou non (bien locatif, résidence secondaire) avant de fixer le prix.
- Ne pas confondre le gain affiché par les reventes rapides — celui des rénovations — avec l'évolution du marché : depuis 2023, elle est nulle ou négative dans la plupart des quartiers.
Questions fréquentes
Revendre un appartement à Nice après deux ou trois ans : à quel prix, et qui y perd ?
Peut-on revendre un appartement à Nice deux ans après l'avoir acheté sans perdre d'argent ?
Sur les 565 logements niçois revendus entre deux et trois ans après leur achat, de 2021 à 2025, 11 % se sont revendus moins cher qu'ils n'avaient été achetés, et le gain médian de 21 % inclut des biens rénovés entre les deux ventes. Pour un bien revendu en l'état, il faut retrouver les frais de notaire de l'achat (7 à 8 %) et payer les honoraires de la vente : le seuil de rentabilité se situe autour de 12 à 15 % au-dessus du prix d'achat, hors intérêts du crédit. Sur un marché stable, ce seuil n'est pas atteint en deux ans sans travaux.
Quels frais perd-on quand on revend rapidement ?
Les frais de notaire payés à l'achat, autour de 7 à 8 % du prix dans l'ancien, qui ne se récupèrent jamais ; les honoraires de la vente s'ils sont à la charge du vendeur ; les frais de dossier et de garantie du crédit, et l'indemnité de remboursement anticipé si le prêt est soldé, plafonnée à six mois d'intérêts et 3 % du capital restant ; les diagnostics à refaire ; et, pour un bien qui n'est pas la résidence principale, l'impôt sur la plus-value. Notre calculateur de net vendeur fait le compte.
Combien de temps faut-il garder un bien avant de le revendre ?
Assez pour que le prix de revente couvre le seuil de rentabilité : frais d'acquisition, honoraires, travaux. Sur un marché qui monte de 3 % par an, c'est quatre à cinq ans ; sur un marché stable comme celui de Nice depuis 2023, cela peut être bien plus, sauf travaux qui créent de la valeur. Nos reventes suivies montrent que passé deux ans, le temps seul n'améliore plus le résultat : la tranche deux à trois ans et la tranche trois ans et plus affichent le même gain médian et la même part de reventes à perte.
L'impôt sur la plus-value s'applique-t-il à une revente rapide ?
Pas si le bien est la résidence principale du vendeur au jour de la vente : l'exonération est totale, quelle que soit la durée de détention. Pour un bien locatif ou une résidence secondaire, la plus-value est imposée à 19 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux, et les abattements pour durée de détention ne commencent qu'à partir de la sixième année ; une revente à deux ou trois ans est donc imposée en plein, sur la différence entre le prix de vente et le prix d'achat majoré des frais et, sous conditions, des travaux.
Pourquoi les reventes rapides affichent-elles de si gros gains ?
Parce que la plupart ne sont pas des reventes en l'état. Un appartement acheté 200 000 € à rénover et revendu 281 000 € sept mois plus tard — les médianes de la tranche de moins d'un an — a été transformé entre les deux actes, et l'acte n'enregistre pas les travaux. Ces 40 % contiennent le coût de la rénovation et la marge de celui qui l'a faite. Un particulier qui revend ce qu'il a acheté tel quel ne doit pas s'y comparer : son repère est la part de reventes à perte, et les ventes réelles de sa rue.
Quelle part des ventes à Nice sont des reventes rapides ?
En 2025, 14 % des logements vendus à Nice avaient été achetés moins de cinq ans plus tôt, sur les logements que l'on peut suivre d'une vente à l'autre par leur numéro de lot. Sur les cinq années 2021 à 2025, nous avons compté 2 740 reventes de ce type, dont près d'un tiers en moins d'un an — la signature des opérations d'achat, rénovation et revente, très présentes dans les immeubles anciens de Riquier, des Musiciens, de Gambetta et du Carré d'Or.
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